« The Ocean Race nous a fait grandir »

L’édition 2022-2023 de The Ocean Race, ouverte pour la première fois de son histoire aux 60 pieds IMOCA, s’est achevée le 1er juillet dernier, après six mois de compétition d’une rare intensité autour du globe, d’Alicante à Gênes, via le Cap Vert, Cape Town, Itajaí, Newport, Aarhus puis La Haye. Six mois de rebondissements heureux et malheureux durant lesquels l’équipe GUYOT environnement – Team Europe emmenée par le Français Benjamin Dutreux a fait en sorte de constamment se donner les moyens d’agir, d’aller de l’avant, de rester dans l’action et de se grandir en dépit de l’adversité.

The Ocean Race, épreuve autour du monde en équipage dans la tradition de la Whitbread créée il y a cinquante ans, est une régate planétaire intense et engagée. Une aventure humaine sans pareille et le terrain d’essai des légendes de la course au large que l’on pourrait résumer en un mot : impitoyable. « C’est une sorte de test ultime pour une équipe. La course est belle mais extrêmement difficile et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas été simple pour nous. Elle ne s’est définitivement pas passé comme on l’imaginait à l’origine, mais elle nous a indiscutablement fait grandir », explique Benjamin Dutreux. De fait, si le navigateur Sablais ne minimisait pas les difficultés d’un tour du monde, il ne soupçonnait pas que lui et son équipe allaient être confrontés à tant d’écueils. Problèmes structurels dans la troisième étape, démâtage dans la quatrième manche puis collision peu après le coup d’envoi du round final ont en effet marqué (et chamboulé) l’aventure de l’équipe GUYOT environnement – Team Europe. « Tous ces événements nous ont évidemment énormément touchés mais à chaque fois, nous avons fait en sorte de rester centrés sur des émotions positives, de débriefer et d’élaborer des plans d’action pour avancer et progresser », détaille le marin qui, comme l’ensemble des membres de son équipe, en mer et à terre, a fait preuve d’une détermination sans faille, mais aussi de résilience et de solidarité. « Chacun s’est donné à fond dans toutes les situations que nous avons traversées. C’est quelque-chose dont nous pouvons être fiers. Nous nous sommes battus jusqu’au bout, quelle que soit l’issue », relate Benjamin Dutreux.

D’énormes défis relevés

Pour tous, l’expérience de cette Ocean Race a assurément été intense, avec des émotions multiples. « Ces six mois de course ont été particulièrement enrichissants, sportivement bien sûr, mais aussi humainement pour tout le monde et pour moi le premier. Une semaine après la fin de l’épreuve, j’ai encore besoin de faire le tri dans ma tête car il y a beaucoup d’informations à assimiler et plus encore d’enseignements à tirer. On a vécu des moments brûlants. Des bons mais aussi des mauvais », souligne le skipper dont l’un des temps forts de la course aura sans conteste été le démâtage du bateau survenu le 9 mai dernier, entre Itajaí et Newport. « Lorsque nous sommes arrivés à Halifax, tout le team s’est posé autour d’une table avec une même ambition : rebondir vite et bien. Chaque paramètre a alors été pesé pour trouver les moyens de poursuivre la compétition et c’est un énorme défi logistique et technique qui a été relevé collectivement. Le boulot qui a ensuite été effectué à Kiel a été colossal et nous avons été extrêmement touchés par la solidarité des autres équipes », rappelle Benjamin Dutreux qui, après des efforts titanesques de l’ensemble de son team, a pu s’aligner au départ de l’acte 6 entre Aarhus, au Danemark, puis La Hague, aux Pays-Bas avec, à la clé, le record de la plus grande distance parcourue en 24 heures sur la section et, dans la foulée, une éclatante victoire lors de l’In-port Race disputée au large du chef-lieu de la province de Hollande-Méridionale.

Des enseignements très nombreux

« Pour l’ensemble de l’équipe, ça a été extraordinaire. Une sorte de remerciement pour les uns et pour les autres. On a eu l’impression de repartir sur de bonnes bases jusqu’à cette tragique collision au départ de l’ultime étape à destination de Gênes avec les Américains de 11th Hour Racing Team », commente le Vendéen dont le monde s’est littéralement écroulé à cet instant de la course. « Il y a eu beaucoup de honte au moment de revenir au ponton mais les mots de Charlie Enright et de son équipe ont été incroyables », raconte le skipper de GUYOT environnement – Team Europe, touché par le fair-play et le respect de son adversaire, et aujourd’hui très heureux de sa victoire au classement général. « Ces six mois de course ont vraiment été vécus à 200 à l’heure. Le niveau de la compétition était très élevé et le match très serré. Nous avons, malgré les aléas, été dans le jeu même si cela ne se reflète pas forcément au classement. Nous avons énormément appris et progressé, ce qui est évidemment positif pour la suite », termine Benjamin Dutreux dont le bateau est entré en chantier il y a une semaine tout juste aux Sables d’Olonne, et dont le prochain rendez-vous est désormais la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, en octobre prochain.

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